ArchéoDonnées
Rendre accessibles et exploitables les données des rapports archéologiques pour faciliter la recherche.
Contexte
Les rapports finaux d’opération (RFO) (plus communément appelés “rapport de fouilles”) conservent la mémoire des diagnostics et des fouilles archéologiques. Ils documentent les vestiges, les objets et les structures mis au jour, ainsi que leur contexte de découverte. Parce que la fouille transforme irréversiblement le terrain étudié, ces rapports constituent une source essentielle pour vérifier, comparer et réinterpréter les découvertes à la lumière de nouvelles connaissances.
Ces documents sont notamment conservés par les services régionaux de l’archéologie (SRA), au sein des directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Leur exploitation intéresse aussi bien les agents chargés de la connaissance et de la conservation du patrimoine que les chercheurs, les opérateurs archéologiques et les musées.
Problème
Les données contenues dans les rapports restent difficiles à trouver et à croiser à l’échelle nationale.
Les documents sont dispersés entre plusieurs outils et lieux de stockage, avec des pratiques de classement, d’indexation et de diffusion différentes selon les régions. Les utilisateurs ne savent pas toujours où chercher et doivent parfois interroger plusieurs bases sans parvenir à retrouver l’information souhaitée.
La recherche par mots-clés attribués manuellement aux rapports ne répond pas suffisamment aux besoins scientifiques les plus précis. Une information présente dans le texte peut rester introuvable si elle n’a pas été retenue lors de l’indexation.
Cette situation limite l’autonomie des chercheurs et mobilise fortement les agents des SRA pour retrouver les informations et transmettre les documents. Elle complique la constitution de corpus et les comparaisons nécessaires à de nouvelles recherches.
Conclusions de l’investigation
L’investigation menée par l’Atelier numérique du ministère de la Culture s’est appuyée sur 26 entretiens exploratoires et sur l’analyse des solutions existantes. Elle a confirmé que les difficultés initialement observées au SRA de Bordeaux se retrouvent à l’échelle nationale.
Elle fait ressortir quatre enseignements principaux :
• Un besoin partagé de recherche nationale, permettant d’explorer le contenu des rapports avec un niveau de précision adapté aux questions scientifiques.
• Une attente forte envers l’administration centrale, pour établir une doctrine commune de diffusion et soutenir un service interopérable avec les autres bases archéologiques.
• Des pratiques locales hétérogènes, tant dans l’organisation des documents que dans l’interprétation des conditions de leur partage.
• Une faisabilité technique encourageante, les premiers essais montrant la possibilité de rechercher dans le contenu des rapports. Le passage à l’échelle dépend toutefois de la clarification du cadre de diffusion, de la gouvernance et de l’articulation avec les systèmes existants.
Solution envisagée
L’orientation privilégiée consiste à adapter et faire évoluer l’existant, pour préparer un accès commun aux rapports et à leurs données à l’échelle nationale.
Le service visé doit permettre de rechercher dans le texte des rapports, de retrouver les passages pertinents et de consulter leur source. Il doit faciliter les recherches croisées tout en limitant la charge de préparation et d’indexation des documents pour les agents.
Cette orientation vise à capitaliser sur les fonds, les outils et les compétences déjà constitués. Elle doit s’inscrire dans la refonte de la carte archéologique nationale, au sein de la future base patrimoniale de référence.
Objectifs du produit
ArchéoData poursuit trois objectifs :
• Faciliter le travail scientifique, en permettant de repérer et de croiser des informations aujourd’hui difficiles à mobiliser.
• Renforcer l’autonomie des utilisateurs et réduire le temps consacré par les agents aux recherches documentaires, pour leur permettre de se concentrer sur leurs missions d’expertise.
• Favoriser la réutilisation des connaissances archéologiques, grâce à un accès cohérent aux fonds et à leur articulation avec les autres outils patrimoniaux et scientifiques.
Objectifs à 6 mois
ArchéoData est en phase de pré-construction, à l’issue de l’investigation.
Cette phase vise à réunir les conditions nécessaires à la construction d’un produit national. Le cadre de partage des rapports, le portage collectif du service et les choix techniques sont en cours de clarification.
Clarifier le cadre juridique du partage des rapports
L’objectif est de définir des règles de diffusion communes, compréhensibles et applicables par les SRA : identifier les catégories de rapports partageables, préciser les exceptions et fournir un cadre opérationnel validé avec les services régionaux et l’administration centrale.
Définir le consortium susceptible de porter le produit
Les travaux doivent préciser la forme du consortium, les responsabilités des partenaires et les moyens nécessaires à la construction et à la pérennité du service. L’association d’acteurs du patrimoine et de la recherche est recherchée.
Établir le cadre technique d’un service national
Il s’agit de définir les modalités de collecte, de stockage, d’indexation et de recherche permettant d’exploiter finement les données contenues dans les rapports.
Ces choix doivent répondre aux besoins des utilisateurs tout en s’articulant avec les orientations techniques du ministère de la Culture, notamment celles de la refonte de la carte archéologique nationale et de la base patrimoniale de référence.
À propos
ArchéoDonnées est porté par L'Atelier Numérique du Ministère de la Culture.
Ce service numérique est sponsorisé par Ministère de la Culture
Standards de qualité
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En investigation
2 février 2026